CENAREF – Cellule Nationale des Renseignements Financiers

Nature : Institution publique de lutte contre le blanchiment, la fraude et la criminalité financière

Autres informations utiles : Joue un rôle clé dans les mécanismes nationaux de conformité GAFI et dans les dossiers judiciaires majeurs liés à la corruption.

Date de soumission : 

Description de la candidate : Veuillez fournir une description générale l’entité candidate et brièvement expliquer les raisons de sa candidature : 

La Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) est l’institution publique chargée de la lutte contre le blanchiment, la fraude financière et la criminalité économique en RDC. En 2025, elle s’est illustrée par des actions majeures contre la corruption et le détournement de fonds publics.

L’un des cas les plus emblématiques est l’affaire impliquant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. Le 16 avril 2025, un virement irrégulier de 19,9 millions USD a été effectué vers une société écran nouvellement créée, Zion Construction SARL. Selon l’analyse du dossier publiée par RTLCoR-RDC, le CENAREF a procédé au blocage immédiat du compte le 17 avril 2025, empêchant la dissipation des fonds publics1. Cette action déterminante du CENAREF a permis de préserver les fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani, et a contribué à la condamnation du ministre Mutamba à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics .

En parallèle, le 20 août 2025, le CENAREF a signé un protocole d’accord historique avec l’Ordre National des Experts-Comptables (ONEC), visant à mettre fin à la falsification des états financiers, souvent utilisée pour dissimuler corruption, fraude et détournement. Ce protocole, rapporté par Actualite.cd et LePoint.cd, prévoit : sanctions sévères (arrêté 053 du 11 août 2025), contrôles renforcés dans les cabinets comptables, partage d’informations, et formation accrue des professionnels du chiffre.

Critères d'évaluation

  1. Transparence et responsabilité (20 points)
  • Transparence : L'institution/entreprise est-elle transparente dans ses opérations ? (Exemple : publie-t-elle régulièrement des rapports sur son budget et ses dépenses ?) 

La CENAREF renforce sa transparence en publiant régulièrement ses principaux rapports institutionnels sur son site officiel 2. Le Rapport d’activités 20243 présente les actions menées, les statistiques opérationnelles et l’état d’avancement des réformes nationales, offrant au public une vue détaillée sur sa performance. Elle met également à disposition l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) 2023, qui identifie les menaces et vulnérabilités du système financier congolais et éclaire les priorités en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment. 

La publication ouverte et régulière de ces documents institutionnels constitue un pilier essentiel de la transparence et de la redevabilité de la CENAREF.

  • Responsabilité : Est-elle responsable de ses actions ? (Exemple : est-elle ouverte aux contrôles et audits externes ?) 

La CENAREF assume pleinement la responsabilité de ses actions : elle publie régulièrement ses rapports officiels, notamment le Rapport d’activités 2024 et l’ENR 2023, accessibles au public sur son site, ce qui permet un contrôle extérieur permanent. Elle communique aussi ouvertement sur l’avancement de ses réformes, comme lors du point de presse du 1er juillet 2025, où elle a présenté de manière transparente les progrès réalisés et les lacunes restantes dans le plan d’action GAFI. De plus, elle collabore étroitement avec d’autres organes de contrôle, Parquet général, APLC, IGF, comme l’ont montré les enquêtes conjointes et le gel des comptes du FRIVAO, démontrant ainsi son ouverture aux audits externes et son engagement réel envers la redevabilité

  • Note : / 20
  1. Efforts de lutte contre la corruption (20 points)
  • Initiatives spécifiques : Quelles initiatives spécifiques l'institution/entreprise a-t-elle mises en place pour lutter contre la corruption ?

 En 2025, la CENAREF a déployé plusieurs initiatives concrètes et ciblées pour lutter directement contre la corruption et les détournements. Elle a d’abord lancé une opération majeure contre la fraude comptable en signant le protocole CENAREF–ONEC, appuyé par l’arrêté ministériel n°053, afin de mettre fin à la falsification des états financiers, un mécanisme clé utilisé dans de nombreux détournements. Cette initiative a instauré des contrôles renforcés dans les cabinets comptables et des sanctions sévères contre les manipulations financières illicites. 

La CENAREF a ensuite digitalisé la détection des flux suspects grâce à la plateforme TRANSACTUS, permettant de multiplier les déclarations de soupçon liées à la corruption et de tracer plus efficacement les mouvements financiers irréguliers. 

Enfin, elle a mené des actions opérationnelles fortes, notamment dans le dossier FRIVAO, où elle a participé au gel total des comptes, conduit des enquêtes financières et procédé elle-même à l’arrestation du coordonnateur intérimaire, interrompant un détournement de plusieurs millions USD.

  • Politiques anti-corruption : Quelles politiques anti-corruption a-t-elle adoptées ? 

La CENAREF s’appuie sur un ensemble de politiques institutionnelles pour encadrer sa lutte contre la corruption. En 2025, elle a contribué à l’adoption et à la mise en œuvre de la Loi n°25/048 du 1er juillet 2025, qui renforce l’arsenal juridique contre le blanchiment, les détournements de fonds publics, les pratiques illicites des personnes politiquement exposées (PPE) et les infractions financières. 

Elle applique également la politique nationale de sanctions financières ciblées à travers le CONASAFIC4, dont elle assure le secrétariat permanent, permettant le gel des avoirs d’individus ou structures impliqués dans des affaires de corruption, de détournement ou de financement illicite. 

Enfin, sa politique de supervision fondée sur les risques, mise en œuvre via les ateliers destinés aux EPNFD, impose aux secteurs vulnérables (immobilier, services, change, etc.) l’application stricte des obligations de conformité, réduisant les zones propices au blanchiment de fonds issus de la corruption

  • Mise en œuvre : La mise en œuvre de ces politiques permet-elle de réduire la corruption ? 

Les politiques appuyées par la CENAREF ont un fort potentiel de réduction de la corruption, car elles renforcent le contrôle des flux financiers (Loi n°25/048), permettent le gel immédiat des avoirs en cas de détournement (CONASAFIC), et limitent la falsification comptable grâce au protocole avec l’ONEC. 
Cependant, leur efficacité dépend entièrement d’une application rigoureuse et constante : ce n’est que si ces outils sont utilisés sans relâche et accompagnés de sanctions systématiques qu’ils pourront réellement réduire la corruption.

  • Note : 19 / 20
  1. Impact (15 points)
  • Réduction de la corruption : Quel est l'impact des efforts de lutte contre la corruption ? (Exemple : combien de cas de corruption ont été détectés et traités grâce à ces efforts ?) 

L’impact des actions de la CENAREF en 2025 se mesure à la fois dans la prévention, la détection et la neutralisation des circuits de détournement. La Loi 25/048, qu’elle a appuyée, a réduit les failles juridiques permettant aux élites politiques ou administratives de dissimuler des flux suspects, renforçant ainsi l’intégrité du système. 

L’impact a été particulièrement visible dans le dossier FRIVAO : le gel total des comptes, réalisé avec la participation de la CENAREF, a stoppé net la fuite des fonds et empêché leur dissipation. 

Les enquêtes menées ont permis de reconstituer les manœuvres frauduleuses et de préparer des poursuites judiciaires solides, tandis que l’arrestation du coordonnateur intérimaire a marqué un tournant dans la responsabilisation des gestionnaires du fonds. 

Enfin, la digitalisation des signalements via TRANSACTUS a amélioré la rapidité et la qualité de la détection des opérations suspectes, permettant d’intercepter plus efficacement les flux issus de la corruption.

  • Note : 14 / 15
  1. Conformité aux normes internationales (10 points)
  • Normes de l'OCDE et autres : L'institution/entreprise se conforme-t-elle aux normes internationales en matière de lutte contre la corruption établie par l'OCDE et d’autres mécanismes internationaux ? 

Sous la conduite de la CENAREF, la RDC a continué en 2025 à progresser dans son alignement sur les normes du GAFI, malgré son maintien provisoire sur la liste grise jusqu’en octobre. Le GAFI a reconnu les progrès du pays dans la mise en œuvre du plan d’action, notamment grâce à la réforme légale, au renforcement des sanctions financières ciblées et à la supervision des professions non financières. 

La CENAREF a également renforcé la coopération régionale en participant aux réunions bilatérales ESAAMLG et aux visites sur place, étapes cruciales vers une adhésion pleine à ce réseau régional5

Sur le plan international, elle a signé plusieurs protocoles de coopération avec les CRF étrangères en vue de son intégration au Groupe Egmont, particulièrement lors des célébrations de 2025 au Luxembourg. Cette dynamique renforce l’échange d’informations et l’accès aux données internationales nécessaires pour traquer les flux de corruption transfrontaliers.

  • Note : / 10
  1. Participation du public (10 points) 

La CENAREF a occupé en 2025 une place centrale dans la sensibilisation de l’opinion publique et des secteurs professionnels aux risques de détournement. Lors de son point de presse national du 1er juillet 2025, elle a informé la population de la situation exacte de la RDC vis‑à‑vis du GAFI et des dangers de l’isolement financier, ce qui a contribué à accroître la vigilance du public et des entreprises. 

Dans les provinces du Haut‑Katanga et du Lualaba, elle a organisé des ateliers destinés aux EPNFD (Entreprises et Professions Non Financières Désignées) , notamment dans l’immobilier, la consultance, le commerce et les activités minières, secteurs particulièrement exposés au blanchiment de capitaux issus de la corruption. Ces formations ont renforcé la participation citoyenne dans la détection des anomalies financières et ont créé une culture de conformité dans des zones traditionnellement vulnérables6.

  • Encouragement à la participation : Comment l'institution/entreprise encourage-t-elle la participation du public à la détection et à la dénonciation de la corruption ? 

La CENAREF encourage la participation du public en sensibilisant directement les acteurs exposés aux risques de corruption. En 2025, elle a organisé des ateliers dans le Lualaba et le Haut‑Katanga pour apprendre aux EPNFD à identifier et déclarer les opérations suspectes, renforçant ainsi leur rôle dans la détection de la corruption. 

Elle a aussi mené une communication publique nationale, notamment lors du point de presse du 1er juillet 2025, pour expliquer aux médias, entreprises et citoyens l’importance de signaler les comportements suspects et les risques liés à la corruption, stimulant ainsi l’engagement du public.

  • Note : / 10
  1. Innovation (10 points)
  • Mécanismes innovants : Quels mécanismes innovants l'institution/entreprise a-t-elle mis en place pour lutter contre la corruption ? (Exemple : utilisation de nouvelles techniques d'enquête ou de technologie.)  

L’année 2025 a été marquée par des avancées technologiques importantes impulsées par la CENAREF. Avec TRANSACTUS, l’institution a modernisé le mécanisme de déclaration des opérations suspectes, permettant une meilleure traçabilité, une facilité de traitement et une réduction du risque de manipulation humaine7
Les formations sur SYDONIA, destinées aux analystes, ont amélioré la détection des fraudes douanières, souvent liées au détournement des recettes fiscales et à la corruption. 
Le protocole avec l’ONEC représente une innovation institutionnelle majeure, car il cible la complicité professionnelle, un pilier souvent inexploré mais crucial dans les schémas de corruption et de détournement.

  • Note : / 10
  1. Formation et sensibilisation (15 points)
  • Programmes de formation : Quels programmes de formation l'institution/entreprise a-t-elle mis en place pour sensibiliser ses employés et partenaires à la lutte contre la corruption ? 

la CENAREF a renforcé les capacités internes et externes pour améliorer la qualité des analyses financières et la détection des flux suspects. Elle a formé les institutions financières sur l’utilisation correcte de TRANSACTUS, en mettant l’accent sur les critères de déclaration, la connaissance du client et l’analyse des opérations atypiques. 
Les ateliers destinés aux EPNFD ont permis d’étendre la maîtrise des obligations légales à des acteurs souvent laissés en marge des mécanismes classiques de conformité. Enfin, les formations SYDONIA ont renforcé les compétences des cadres de la CENAREF en matière d’analyse douanière, contribuant à la lutte contre la fraude et les détournements liés aux opérations commerciales internationales

  • Campagnes de sensibilisation : Quelles campagnes de sensibilisation ont été menées pour informer le public et les parties prenantes sur les dangers de la corruption et les moyens de la combattre ? 

Dans les provinces du Haut‑Katanga et du Lualaba, elle a organisé des ateliers destinés aux EPNFD (Entreprises et Professions Non Financières Désignées) , notamment dans l’immobilier, la consultance, le commerce et les activités minières, secteurs particulièrement exposés au blanchiment de capitaux issus de la corruption. Ces formations ont renforcé la participation citoyenne dans la détection des anomalies financières et ont créé une culture de conformité dans des zones traditionnellement vulnérables.

  • Note : / 15 

1 LE VERDICT DOSSIER Constant MUTAMBA

2 Accueil - CENAREF

3 Rapport-Annuel_2024-cenaref.pdf

4 Installation et opérationnalisation du CONASAFIC : un tournant stratégique pour la RDC

5 Réunion bilatérale entre la RDC et l'ESAAMLG - CENAREF

6 Actualités - CENAREF

7 https://www.cenaref.org/formation-sur-transactus-pour-les-institutions-financieres/